La robotique pédagogique, 30 ans trop tôt ?
La robotique pédagogique, 30 ans trop tôt ?
En septembre 1987, je publiais un article dans la revue Éducation – Tribune libre intitulé Technologie de contrôle et LOGO ou l’apprentissage de la robotique, ses enjeux, ses modalités. Convaincue de l’importance de développer différentes catégories de compétences (informatique, démarche de résolution de problèmes, socialisation et autonomie) tant chez les jeunes (à partir de l’école maternelle) que chez les enseignants, dès 1982, j’ai développé et expérimenté, avec des collègues du Laboratoire de pédagogie expérimentale de l’Université de Liège, des activités recourant à différents micromondes LOGO. En 1987, celui de la robotique pédagogique s’est ajouté à notre liste.
Différentes recherches ont été menées à travers le monde concernant leur implémentation et de leur impact. À Liège, nous nous sommes notamment penchés sur l’étude du profil d’animateur de tels environnements informatiques qui permettrait d’atteindre avec plus ou moins d’efficacité les objectifs poursuivis.
Exploités à travers tous les continents, tantôt faisant partie de curriculums de formation nationaux, tantôt relevant d’initiatives personnelles (formations formelles ou non), l’engouement pour ces micromondes a diminué au fil du temps. Pourtant certaines firmes ont continué à produire et à développer du matériel et des logiciels susceptibles de contribuer à développer certaines des compétences susmentionnées, que ce soit au cours d’activités menées à l’école, lors d’activités extrascolaires ou encore en famille.
Depuis peu, on voit (re)surgir dans divers pays un intérêt pour l’apprentissage de ce que l’on nomme la Pensée Informatique et Algorithmique. En 2011, Wing décrit le Computational Thinking ou pensée informatique comme « Les processus de réflexion impliqués dans la formulation de problèmes et leurs solutions afin que les solutions soient représentées sous une forme qui puisse être efficacement effectuée par un agent de traitement de l'information ».
Il faut attendre que souffle un vent nouveau sur la Wallonie, celui de l’apprentissage du code, avec des initiatives internationales (ex. Hour of code, Kodo) et locales (ex. WallCode) pour que l’intérêt pour la programmation et pour la pensée informatique et algorithmique (re)fassent surface. Les programmes scolaires actuels (et ceux en devenir via le Pacte d’Excellence) commencent seulement à mettre l’accent sur le développement des compétences en informatique dans l’enseignement secondaire. Or, une introduction précoce à la pensée informatique et algorithmique (PIA) ainsi qu’à la programmation permettrait une maîtrise progressive des compétences visées.
C’est dans ce sens que l’équipe du CRIFA continue ses actions, utilisant du matériel et des logiciels/langages (ré)actualisés, dans le cadre de formations ou de recherche-action (cf. projet tandem mené avec des écoles rurales dans le cadre du plan École numérique développé par le SPW).
À suivre ...